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41 • Juillet - Décembre 2005 • Page 0
 
 
 
 •  Du Prélat
 

Interview accordée à DPA, agence de presse allemande, Cologne, 16 août 2005

Quelle va être votre participation et celle des membres et amis de l’Opus Dei à la Journée Mondiale de la Jeunesse ?

Personnellement, je me rends à Cologne plein de foi et d’espérance, dans la joie de constater à nouveau que l’Église est jeune, comme l’a dit le saint-père dès le premier jour de son pontificat. La Journée Mondiale de la Jeunesse est un moment de rencontre où nous allons constater l’importance de la foi pour les jeunes et la grande importance des jeunes pour l’Église. Les participants vont écouter les réflexions du pape. Le pape va entendre les espoirs de la jeunesse. Je suis sûr que nous allons tous revenir de Cologne avec des désirs renouvelés de suivre et d’aimer davantage Jésus-Christ.

Je pense que les fidèles de l’Opus Dei qui vont participer à la Journée sans constituer de groupe, sous des formes très variées, avec leurs diocèses respectifs et leurs organisations, ont un état d’esprit ouvert à ce moment de grâce.

Quelle est, à votre avis, la relation entre les jeunes d’aujourd’hui et l’Église ? Qu’est-Elle en mesure de leur offrir de nos jours ?

Qu’il me soit permis de dire qu’il s’agit d’un rapport de dépendance mutuelle : les jeunes ont besoin de l’Église, un besoin vital ; l’Église a besoin des jeunes parce qu’ils sont une partie importante du Peuple de Dieu. C’est à travers l’Église que les jeunes atteignent la connaissance de Jésus-Christ : Dieu fait Homme, qui répond aux plus profonds de leurs désirs, qui est la source du vraie bonheur. Elles et eux donnent une nouvelle vie à l’Église lorsqu’ils découvrent avec enthousiasme la figure et le message du Christ et qu’ils transmettent avec entrain leur découverte aux nouvelles générations. C’est dans ce sens qu’ils sont eux-mêmes Église et qu’avec les pauvres et les malades ils sont un vrai trésor.

Certes, la relation de l’Église avec les jeunes présente aussi des obstacles et des difficultés. D’un côté, c’est pendant la jeunesse que l’on connaît l’espérance et la générosité, mais aussi pas mal de soucis ; de l’autre, les jeunes ne perçoivent pas toujours de façon adéquaté la vraie nature de l’Église, sans doute à cause de ce que nous pouvons appeler des problèmes de communication, propres à notre temps, caractérisé par un excès d’information et un manque d’orientation. Cette circonstance invite les catholiques à agir avec une conscience et une responsabilité de fils de Dieu ; et à faire toujours l’effort de transmettre avec cohérence les aspects essentiels de notre foi.

Nous devons offrir aux jeunes qui cherchent le sens de la vie, le témoignage sincère de notre bonheur et de notre engagement, chacun dans ses circonstances personnelles.

Comment décririez-vous le pape Benoît XVI ?

Je le vois et je tiens à le voir toujours comme le bon Père de l’Église. Et je n’en ajouterais pas plus parce que le mot Père résume tout. Certes, la Providence l’a préparé pour sa mission de pontife romain. Avec toutes les années de son ministère, il a acquis une connaissance privilégiée de la réalité de l’Église dans le monde ; une perception aiguë des défis que lance la culture contemporaine ; une vision d’ensemble claire qui lui permet de déceler les chemins de la volonté de Dieu pour l’Église de notre temps.

Si j’avais à résumer en quelques mots sa trajectoire et son profil je dirais : humble sagesse et paix contagieuse. Ceci se manifeste de façon visible chez le pape : sa grande capacité d’écoute, de compréhension, de recherche de réponses qui rassasient la soif de Dieu des femmes et des hommes d’aujourd’hui.

Quels ont été vos relations jusqu’à présent ? Connaît-il et apprécie-t-il l’Opus Dei autant que son prédécesseur ?

Avant tout, j’aimerais dire que toute comparaison serait facilement réductrice. De toutes façons, je peux assurer qu’actuellement Benoît XVI connaît mieux l’Opus Dei que Jean-Paul II ne le connaissait en 1978, au début de son pontificat. Mais, j’insiste, la relation du saint-père avec les fidèles catholiques et les institutions de l’Église ne se tisse pas seulement dans le domaine de la connaissance, mais dans le climat propre à la communion et l’affection paternelle et filiale. Et là, il n’y a point de différences.

Quelle est l’expansion de l’Opus Dei en Allemagne ? Saint Josémaria avait-il une relation spéciale avec ce pays ?

L’Opus Dei grandit de façon naturelle, son message se diffuse de personne à personne, un par un. La mesure de l’apostolat est une mesure humaine, bien que le moteur de l’apostolat est toujours la grâce de Dieu qui a ses rythmes et sa logique.

En Allemagne, le travail de l’Opus Dei, comme celui de l’Église en général, se fait surtout parmi les familles jeunes : des personnes qui veulent partager leur expérience de la foi, avoir recours à des moyens de formation chrétienne compatibles avec les devoirs ordinaires.

Je sais qu’il y a de nombreuses personnes qui participent aux activités apostoliques en de différentes villes. À la messe que le cardinal Meisner célébra en janvier 2002, à l’occasion du centenaire de la naissance de saint Josémaria, la cathédrale de Cologne était bondée de monde.

Saint Josémaria est venu à plusieurs reprises en Allemagne. J’ai eu la chance de l’accompagner pour la première fois en 1958 et j’ai constaté qu’il admirait profondément cette terre, ce peuple et ses vertus. Il comptait beaucoup sur l’apport que les catholiques allemands font toujours au travail d’évangélisation de l’Église. Comme partout ailleurs, il est venu ici pour apprendre, pour aimer et pour servir.

Dans les années 70 et 80 l’Opus Dei y subit de violentes attaques des médias. Avec du recul, comment voyez-vous l’Opus Dei de ces années-là ?

Avec sérénité. D’un côté, il est évident que les moyens de communication ne sont pas infaillibles et que subir leurs attaques lorsqu’elles n’ont aucun fondement, n’a pas plus de transcendance. Je ne veux pas donner une idée négative des médias, qui prêtent tant de services à la société. Je veux dire que, comme tout humain, ils peuvent faire des erreurs. Et comme par tout ailleurs, ceux qui se sont trompés rectifient noblement.

Par ailleurs, les attaques n’ont rien de nouveau ni dans l’Église en général ni dans l’Opus Dei en particulier. Si je puis m’exprimer ainsi, cela fait partie du scénario, elles sont comprises dans le budget. Mon expérience est que, au final, elles sont un moyen de répandre la connaissance de l’Opus Dei parmi de nombreuses personnes.

Pourriez-vous faire un portrait sommaire du fondateur ? Qu’avez-vous appris essentiellement de lui ?

J’ai toujours beaucoup de difficulté à résumer ce que j’ai appris de ce saint prêtre. Bien entendu, j’ai gardé gravée à tout jamais sa capacité d’aimer : il vivait pour Dieu et pour les autres et il se donnait lui-même sans compter.


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