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Barcelone, 17 octobre 2004. Lors de la bénédiction d’un bas relief représentant saint Josémaria à Notre-Dame-de-la-Merci |
Très cher monseigneur Lluis Martinez Sistach, archevêque métropolitain de Barcelone et mon frère dans l’épiscopat ;
Cher mosen Salvador Cristau, recteur de cette Basilique de la Merci ;
Mes chers frères dans le sacerdoce ;
Chers Président et membres de la très noble Fraternité de la Merci
Chers frères et sœurs :
Je remercie Dieu de me trouver aujourd’hui en cette sainte maison de la Vierge, sur les traces de saint Josémaria notre très cher fondateur et Père, et sur celles de son premier successeur, notre bien-aimé don Alvaro del Portillo.
En cette basilique de Notre-Dame, pressé par les difficultés qui semblaient vouloir barrer la route à l’accomplissement de ce que Dieu lui demandait, le 21 juin 1946, saint Josémaria, souffrant, est venu se réfugier plein de confiance aux pieds de notre Mère. Ce matin-là, avant d’entreprendre son premier voyage à Rome, il avait réuni autour du Tabernacle ses enfants de Barcelone et, face à un horizon apparemment bouché, il s’est filialement adressé à Dieu avec ces mots de saint Pierre, que nous venons d’écouter : « Eh bien ! nous, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi, quelle sera donc notre part ? (Mt 19, 27) Est-il possible que le Saint-Siège dise que nous sommes arrivés avec un siècle d’avance… ? En même temps, il s’en remettait à la Sainte Vierge, une fois et une autre sous l’invocation de la Merci. Peu après, il se rendait dans la Basilique pour lui confier tous ses soucis.
Voilà une belle leçon à tirer : il faut que nous ayons une confiance filiale et entière en la Sainte Vierge, que nous lui confiions toutes nos occupations et nos soucis, surtout s’ils concernent le service de Dieu, la fidélité à la vocation concrète de chacun. C’est ici que saint Josémaria s’est totalement abandonné en Marie. C’est ici que nous venons lui confier nous aussi : Ô notre Mère, nous remettons entre tes mains toutes nos intentions ; certes, leur poids n’est pas comparable à celui qui oppressait alors l’âme de saint Josémaria. Le chrétien est l’enfant de Marie, un enfant qui se sait tout-petit et qui a besoin de la proximité de sa Mère.
Lorsque nous nous en remettons à Marie et qu’avec son aide, nous nous décidons, coûte que coûte, à suivre la volonté de Dieu, elle ne nous déçoit pas. Vous savez que quelques mois plus tard, en septembre 1946, saint Josémaria était de retour en Espagne, muni de documents qui témoignaient que l’horizon totalement bouché auparavant s’était bel et bien dégagé. Dans l’histoire de l’Opus Dei, dans l’histoire de l’Église, nous avons si souvent fait l’expérience de la protection de Marie ; elle ne nous a jamais fait défaut. Marie nous écoute toujours. C’est pourquoi, il est juste que nous venions aujourd’hui, chez elle, la remercier de tout notre cœur, pour avoir si vite répondu à la demande de saint Josémaria.
Mais il y a encore une autre leçon à tirer. Ce 21 juin-là, lorsqu’il venait de confier ses intentions à Marie, il disposa qu’en signe de reconnaissance, on place une statue de la Vierge de la Merci dans l’oratoire du premier centre de l’Opus Dei à Barcelone. Tel était le cœur de saint Josémaria ! Le 21 octobre suivant, il a voulu revenir à Barcelone uniquement pour remercier notre Mère en cette basilique de la Merci.
Je suis témoin de la reconnaissance qu’il voua par la suite toute sa vie durant à la Mare de Deu de la Mercé : lors de ses séjours à Barcelone, ville comtale, dont, à sa grande joie, il fut nommé fils adoptif ; à Rome et partout dans le monde. Ô ma Mère nous t’en sommes profondément reconnaissants et nous aimerions faire de notre vie tout entière un remerciement continuel pour tous les dons de Dieu que tu nous as obtenus, que tu nous obtiens et que tu nous obtiendras.
Ô Mère : avec saint Josémaria nous contemplons l’avenir de l’Église et de nos vies et nous renouvelons la résolution de les remettre entièrement entre tes mains, décidés à seconder pleinement toutes tes volontés. Nous possédons toute confiance, assurance, espérance de ta protection et de ton aide pour apporter le message de Jésus-Christ aux vies qui nous entourent. Nous renouvelons aussi la ferme résolution d’être des enfants très reconnaissants, toujours plus reconnaissants.
Je suis persuadé que la gloire accidentelle de saint Josémaria s’est accrue aujourd’hui au ciel et qu’il est très content d’être spirituellement encore plus présent chez sa très Sainte Vierge de la Merci. Et ce, non pas parce qu’il est représenté sur ce bas-relief, puisque nous savons très bien qu’il a toujours désiré se cacher et disparaître, mais parce qu’il y a désormais un nouveau témoignage de son ardent amour envers la Vierge et que de ce fait beaucoup d’âmes vont entreprendre le chemin sûr de sainteté, de fidélité à Dieu et à son Église qu’est l’amour et la dévotion envers la Mère de Dieu et notre Mère.
Sur ce bas-relief est représenté le temple expiatoire de la Sainte-Famille et d’autres représentations allusives à la ville de Barcelone mise sous la protection de sa patronne. Nous sommes convaincus que le geste priant de saint Josémaria tourné vers la Très Sainte Vierge rassemble tous les besoins spirituels et matériels de la ville et de l’archidiocèse, tout comme les intentions de son pasteur, l’archevêque métropolitain.
Toute la prélature de l’Opus Dei partage ces sentiments de notre saint fondateur, car elle n’est là que pour servir la Sainte Église présente dans toutes les Églises locales.
Je m’unis aux intentions et aux prières de vous tous, ici présents, et à celles de mgr Lluis Martinez Sistach, qui vient d’entreprendre dans sa vie de pasteur une étape nouvelle et passionnante de service à l’Église en cet archidiocèse de Barcelone. Je veux aussi demander à Notre Dame de la Merci, avec les sentiments mêmes de saint Josémaria lorsqu’il vint ici pour la première fois, de protéger toujours ses enfants et d’écouter notre clameur avec la miséricorde dont elle fit preuve en ces jours lointains et dont elle nous entoure toujours.
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