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39 • Juillet - Décembre 2004 • Page 0
 
 
 
 •  Du Prélat
 

Rome, 30 octobre 2004. Ouverture de l'année Eucharistique

Lors des Cérémonies d’ouverture de l’Année Eucharistique dans la Prélature, en l’Église prélatice Sainte-Marie-de-la-Paix à Rome

Le 30 octobre 2004, de 15h30 à 17h30, il y a eu un acte d’adoration eucharistique en l’église prélatice Sainte-Marie-de-la-Paix pour commencer l’année de l’Eucharistie proclamée par le saint-père Jean Paul II.

Le prélat de l’Opus Dei, mgr Xavier Echevarria adressa les paroles suivantes au début de la célébration :


Comme le concile Vatican II nous l’a rappelé en reprenant le magistère précédent, « la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, lui notre Pâque, lui le pain vivant, lui dont la chair, vivifiée par l’Esprit-Saint et vivifiante, donne la vie aux hommes (Presbyterorum ordinis, n°5) ». Avec cette veillée eucharistique nous tenons à nous unir à la prière de louange, d’adoration et d’action de grâces que des millions de personnes partout dans le monde, en accueillant l’invitation du saint-père Jean-Paul II, s’apprêtent à vivre en cette année spécialement consacrée au Très Saint Sacrement de l’Autel.

Je vous rappelle tout d’abord que, pour devenir de vrais adorateurs du Seigneur, comme nous venons de le chanter dans l’Adoro te devote, il est indispensable que nous entreprenions une nouvelle conversion. Regardons le Seigneur. De l’ostensoir, Jésus nous parle et nous dit tant de choses du simple fait de sa Présence réelle sous les saintes Espèces. Nous lui avons parlé avec notre cœur et nous lui avons adressé de nombreuses pétitions avec nos oraisons vocales aussi. Nous lui avons dit : pardonne-nous, Seigneur ! Nous te le redisons encore, Seigneur Jésus : merci de nous avoir rachetés par la Croix ; nous comptons toujours sur ton pardon parce que nous détectons constamment nos faiblesses, petites et parfois pas si petites que ça. En effet, quelqu’un qui sait aimer regrette vivement le tort qu’il fait aux êtres qu’il aime.

Nous pensons à la dévotion eucharistique de saint Josémaria Escriva de Balaguer, ici, tout près de sa sainte dépouille, et nous lui demandons d’intercéder pour que Dieu nous accorde un amour de plus en plus ardent envers le Très Saint Sacrement. Chacun de nous doit avoir la certitude que Jésus-Christ, l’accompagne à tout instant. De ce fait, examinons ce qui peut bien nous écarter de Lui. La vérité est bien celle-ci : Il demeure toujours près de nous et c’est bien nous, chacun de nous, qui provoquons, par notre négligence, par notre amour défaillant, l’éloignement de ce Seigneur qui est Père, Maître, Médecin et Ami.

Seigneur, fais que chacun de tes enfants te sente tout proche et veuille bien intensifier chaque jour son amitié pour toi, jusqu’à devenir ton ami intime. Fais nous vivre une vie limpide, une vie d’amour. Pour ce faire, il nous faut cultiver l’esprit de contrition : nous convertir constamment.

La vie chrétienne n’est ni pessimiste, ni triste. Bien au contraire, elle participe au bonheur qui découle de n’être qu’une seule chose avec l’Être infiniment heureux. C’est pourquoi, la contrition est une aide puissante pour nous tous, puisqu’elle nous rend capables d’aimer davantage, de vivre en plus grande syntonie avec le Seigneur. C’est bien pourquoi les saints — et nous devons tâcher de l’être, tout en étant bien peu de chose — ont toujours été très amis de la contrition. Saint Josémaria, je m’en souviens, nous conseillait souvent de vivre la contrition comme « une douleur d’amour ».

Seigneur, je voudrais t’aimer davantage. C’est Toi, par ta bonté, qui tire un trait sur mes faiblesses. Vivons la contrition pour aimer davantage. Et adressons-nous, avec une nécessité pressante, à Notre Dame. En écoutant le Seigneur, en acceptant pleinement la volonté de la Très Sainte Trinité, Marie fut le premier tabernacle de Jésus, un tabernacle vivant, lorsqu’elle accueillit dans son sein très pur ce Seigneur qui parcourut tous nos chemins sur terre afin de nous aider à mettre du goût et du sens surnaturel dans tout ce que nous faisons.

Dieu ne nous demande pas un héroïsme au-delà de nos forces. Il nous offre sa grâce et attend de nous un héroïsme à notre portée. Comme saint Josémaria nous l’a enseigné, pour un chrétien appelé à se sanctifier au milieu de la réalité quotidienne, l’héroïcité tient à la fidélité à Dieu dans les choses habituelles, de petites choses ordinairement, qui se présentent à nous au fil des jours, dans l’accomplissement de nos devoirs familiaux, professionnels, sociaux… Chez nous, au travail, dans notre étude, avec nos amis, dans nos moments de détente… c’est là que nous devons mettre en pratique cette charité qui nous unit à Dieu et, avec Dieu, à tous les hommes et à toutes les femmes.

Rendons grâces au Seigneur pour le saint-père qu’il nous a donné. Concrètement, nous lui sommes reconnaissants d’avoir eu la grande idée de proclamer cette « Année de l’Eucharistie », qui « veut être le sommet de tout le chemin parcouru » durant les années qui ont précédé et suivi le Grand Jubilé (cf. Mane nobiscum Domine, n° 10). D’une certaine façon, après les Lettres apostoliques Novo millennio ineunte et Rosarium Virginis Mariæ, cette Année de l’Eucharistie signifie le couronnement du dessein pastoral de Jean-Paul II pour l’Église du XXIème siècle.

L’Année de l’Eucharistie a commencé il y a quelques jours. Qu’avons-nous fait jusqu’à présent ? Avons-nous pris des résolutions concrètes ? Sommes-nous décidés à ce que toute notre journée ait une tonalité nettement eucharistique ? Disons donc au Seigneur, de toutes nos forces, que nous voulons être des hommes et des femmes vraiment eucharistiques, qui centrent leur vie sur l’autel et le tabernacle. Des hommes et des femmes qui veulent vivre avec Lui, pour Lui et autour de Lui. Des hommes et des femmes dont l’existence ne tient qu’à une seule chose : que Jésus soit davantage connu, aimé et adoré de toutes les créatures.

La tâche qui nous attend est merveilleuse. Il s’agit d’entrer dans le cercle le plus intime du Seigneur. Efforçons-nous d’être à la hauteur, en purifiant notre vie avec de fréquents actes de douleur. Ayons recours aux sacrements avec plus de dévotion. Faisons un profond apostolat de l’Eucharistie, en parlant à beaucoup de gens de cette merveilleuse source de richesse d’amour qu’est l’Eucharistie. Parlons sans respects humains du saint sacrement de la Pénitence, qui offre la possibilité aux pauvres créatures que nous sommes d’être bien préparés à recevoir Celui qui est le Roi de gloire, le Sauveur du monde.

Seigneur, viens en nous et reste avec nous ! Fais, nous t’en supplions, que chacun de nous se prépare, chaque jour et à tout instant, à te recevoir de la façon la plus digne possible. Ainsi soit-il.


En l’Église prélatice de Sainte-Marie-de-la-Paix, le soir du 1er novembre 2004, solennité de la Toussaint, il y eut une veillée d’adoration eucharistique à l’occasion de « l’Année de l’Eucharistie ». Lors de cette célébration qui s’est prolongée de longues heures durant, le prélat de l’Opus Dei a adressé les paroles suivantes aux assistants :

Il y a un moment nous avons chanté : Iesu quem velatum nunc aspicio.
Que ta puissance est grande, Seigneur. Alors que tu es caché sous le voile des Espèces sacramentelles, tu rassembles autour de Toi tant de foules du monde entier. Nous, nous voulons être toujours parmi ces foules et, concrètement ici en ce moment, pour pouvoir te parler en toute intimité. Il est vrai que l’on peut s’adresser à Toi en toute circonstance, cependant, en cette Exposition eucharistique, la Présence réelle de Notre Seigneur qui préside avec son corps, son sang, son âme et sa divinité, nous y aide encore davantage.

Seigneur, nous te rendons grâces parce que tu viens à nous et que tu demeures avec nous. Nous t’adorons, Seigneur, parce que Tu es vraiment le Roi des Rois et que tu te plais au milieu de nous, pauvres créatures. Nous te cherchons, Seigneur, parce que, en vérité tu es refuge pour nos difficultés, pardon pour nos fautes. Nous nous adressons à toi, Seigneur, parce qu’en regardant notre vie avec un minimum d’objectivité, nous voyons tout de suite que nous n’avons rien et que le peu que nous avons de bon vient de toi.

Ce matin je méditais sur un passage d’un écrit de saint Josémaria. Je lisais qu’en se mettant devant le Seigneur il entendait au fond de son âme, souvent, ce cri pressant et si proche : ignem veni mittere in terram, et quid volo nisi ut accendatur (Lc 12, 49). Vraiment le Seigneur s’adresse à nous tous avec ce cri intime, il attend continuellement que nous lui réservions un plus grand espace en notre âme afin de nous remplir de sa bonté, de son amour.

Le Seigneur est mort sur la Croix et il est ressuscité pour notre salut. Comme l’a écrit le saint-père : « Ce sacrifice est tellement décisif pour le salut du genre humain que Jésus-Christ ne l’a accompli et n’est retourné vers le Père qu’après nous avoir laissé le moyen d’y participer comme si nous y avions été présents.(Ecclesia de Eucharistia, n° 11). Ainsi, avant de partir, il a voulu instituer la Sainte Eucharistie, afin que tout homme et toute femme, jusqu’à la fin des temps, puisse être très près du Sacrifice du Calvaire qui est rendu présent chaque fois que la Sainte Messe est célébrée. « Tout fidèle peut ainsi y prendre part et en goûter les fruits d’une manière inépuisable. Telle est la foi dont les générations chrétiennes ont vécu au long des siècles. (Ibid.) »

Combien de trésors avons-nous entre nos mains ! Quelle responsabilité ! Il est donc logique que nous examinions notre vie, sans scrupules et sans crainte, pour considérer si nous sommes bien des hommes et des femmes qui savent être exigeants envers eux-mêmes, tous les jours près de la Croix, avec Marie, avec Jean et les saintes femmes, durant la Sainte Messe, conscients d’avoir la possibilité de participer au Sacrifice du Calvaire de toute notre âme et de tout notre corps.

Ô Seigneur, qui es pour tous le Maître qui nous enseigne, l'Ami qui nous tient compagnie, le Pasteur qui nous guide, le Médecin qui nous guérit : fais que, tous, nous soyons de plus en plus conscients du trésor d’amour que tu confies à notre faiblesse. On a vraiment envie, comme le disait si souvent saint Josémaria, de se prosterner, la face contre terre, pour implorer la miséricorde du Seigneur. Et, comme il le fit avec son fils prodigue, le Père nous relèvera et nous remplira d’amour.

Aussi est-il très important que nous nous adressions continuellement à Lui : lorsque tout va bien, parce que c’est Lui qui nous accorde son aide, sa force, la possibilité de tirer profit de ce que nous faisons ; et aussi lorsque nous nous heurtons aux difficultés propres de la vie quotidienne, pour apprendre à aimer la Croix et à la porter avec panache, comme le fit Notre Seigneur pour chacun de nous.

Seigneur, Tu veux que les gens te connaissent à travers notre réponse. Aussi, comme saint Josémaria nous l’a appris, te disons-nous que nous voulons être un autre Christ, que nous voulons être comme Toi : nous voulons être alter Christus, ipse Christus. Nous pouvons tous y arriver parce qu’Il ne fait pas acception de personnes : il prend possession de l’âme de ceux qui lui sont fidèles, le suivent et l’acceptent. Accueillons donc le Seigneur, tâchons de bien répondre, de le suivre de très près.

Pour ce faire, le secours de Marie est indispensable, cette « Femme eucharistique », comme l’a appelée le saint-père. Pour les femmes c’est un privilège que la créature la plus proche de Jésus, alors que tous les autres l’ont quitté, soit une femme, la Très Sainte Vierge Marie. Nous sommes tous des enfants de la Sainte Vierge. Elle nous aime tous énormément cependant l’on pourrait assurer que les femmes partagent tout spécialement cet amour. Grâce à l’intercession de Sainte Marie, si elles le veulent bien, elles peuvent toujours se sentir très près du Calvaire en ce monde qui fuit éperdument le Christ.

Pensons à cette responsabilité et disons au Seigneur, en confidence : Seigneur, reste avec nous qui allons tâcher de ne pas nous écarter de toi. Nous conduirons vers toi des âmes du monde entier, parce que nous voulons que tu vives en tous. Aussi tirerons-nous de l’Eucharistie une conséquence claire : le besoin de faire beaucoup d’apostolat, aussi bien du sacrement de Pénitence que du sacrement de l’Eucharistie, Pain vivant qui donne la vie et qui vivifie.

Devenons donc des apôtres plus résolus à parler aux autres de Dieu, afin de livrer l’amour de Dieu à toutes les personnes qui nous attendent. Que le Seigneur soit toujours avec vous !


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