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En ce mois d’octobre, selon les désirs du Saint Père, une année eucharistique a commencé pour toute l’Eglise. Quels sont les objectifs poursuivis par le Pape ? Que nous propose-t-il ? Il y a à peine deux ans, Jean Paul II adressait à tous les catholiques une encyclique sur l’Eucharistie. De ce fait, on pourrait penser que l’Eucharistie n’est pas un thème dont il était urgent de parler. La réalité est tout autre : de fait, il est toujours urgent, ou pour le moins il est toujours nécessaire, de donner au mystère eucharistique une place principale dans l’esprit et dans le cœur de chaque chrétien.
Dans la lettre apostolique Mane nobiscum Domine, Jean Paul II affirme que l’année eucharistique est une nouvelle invitation de l’Eglise à réfléchir sur l’Eucharistie. Mais l’Eucharistie, signe et réalité, sacrifice et aliment, qui montre la transparence et le voile du mystère insondable, ne se laisse pas facilement atteindre par la froide réflexion. Inviter les gens à réfléchir sur l’Eucharistie, c’est inévitablement les inviter à se rendre devant Jésus-hostie, les inviter à participer à la liturgie céleste, les inviter à adorer. Il s’agit d’un mystère de foi et d’amour devant lequel, naturellement, « nous tombons en adoration ; attitude nécessaire, car ce n’est qu’ainsi que nous manifestons correctement que nous croyons que le Christ se trouve véritablement, réellement et substantiellement présent dans l’Eucharistie, avec son corps, son sang, son âme et sa divinité »
Nous sommes conscients de ce que « l’adoration est la première attitude de l’homme qui se reconnaît créature devant son créateur ». Nous en sommes conscients, mais l’expérience – notre expérience personnelle comme celle de la vie chrétienne recueillie et transmise depuis des siècle – nous apprend que nous devons l’être chaque fois plus, comme l’édifice en construction qui, au fur et à mesure qu’il grandit, a chaque fois plus besoin de fondations solides, ou comme le sage qui reconnaît, lorsque son savoir grandit, qu’il sait de moins en moins de choses. « Adorer Dieu, c’est reconnaître, dans le respect et la soumission absolue, le « néant » de la créature, qui n’existe que par Dieu. Adorer Dieu, c’est le louer, l’exalter et s’humilier, comme le fait Marie dans le Magnificat, en confessant avec reconnaissance qu’il a fait de grandes choses et que son nom est saint. L’adoration du Dieu unique libère l’homme du replis sur soi, de l’esclavage du péché et de l’idolâtrie du monde ».
En conséquence, adorer c’est également demander de bonnes choses à Dieu, et lui rendre grâce, car tant la prière que l’action de grâce sont une reconnaissance de notre condition personnelle de dépendance totale vis à vis de Dieu. Ainsi, nous adorons Dieu avec notre travail lorsque nous nous efforçons d’en faire une réalité sainte et sanctificatrice, une coopération à la tâche de la Création, lorsque nous l’offrons en union avec le sacrifice de la Croix du Christ, en renouvelant quotidiennement ce sublime instant qu’est la sainte Messe, centre et racine de notre vie intérieure et de toute notre vie.
« La valeur de notre vie sera celle de notre piété eucharistique ». De cela dépend, comme le désire le Pape, que « dans cette année eucharistique, soutenus par Marie, l’Eglise trouve un nouvel élan pour sa mission et reconnaisse chaque fois plus dans l’Eucharistie la source et le sommet de toute vie ».
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