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37 • Juillet - Décembre 2003 • Page 44
 
 
 
 •  Du Prélat
 

Confirmations à Rome, 26 octobre 2003

1. Très chers frères,

Je m’adresse tout particulièrement à ceux qui vont maintenant recevoir le sacrement de Confirmation. Vous vous y êtes préparés, avec votre famille, avec l’aide de vos catéchistes et des prêtres de la paroisse qui vous ont soigneusement accompagnés dans ce cheminement. Vous avez eu l’occasion d’approfondir les fondements de notre foi et appris à prendre plus consciemment part aux célébrations liturgiques de l’Église, à mettre en pratique votre foi, à vivre une vie chrétienne cohérente avec l’Évangile.

Maintenant, à travers le sacrement de Confirmation, l’œuvre du Baptême est parachevée en vous : « l’effusion plénière de l’Esprit Saint, comme elle fut accordée jadis aux apôtres au jour de la Pentecôte » va vous être communiquée. Le Paraclet, Dieu avec nous, va parachever en vous la ressemblance au Christ et, en tant que membres vivants, vous unir plus solidement à l’Église, son corps mystique. Ayant déjà été consacrés à Dieu dans le Baptême, vous allez recevoir maintenant la force de l’Esprit Saint et vous allez être signés au front du sceau de la croix.

Vous allez ainsi porter au monde le bon témoignage du Seigneur crucifié et ressuscité ; vous allez pouvoir avancer dans l’Esprit et être fortifiés dans la lutte contre le péché . Votre vie, riche des fruits de l’Esprit, exhalera, comme le dit l’Apôtre, la bonne odeur du Christ (2 Co 2, 15) contribuant ainsi à la croissance spirituelle de toute l’Église.

2. Le sacrement de Confirmation imprime chez les chrétiens un sceau indélébile qui fait de nous des témoins du Christ, chargés de porter à tous la joyeuse annonce de l’Évangile. Le signe le plus évident de cette nouvelle présence de l’Esprit Saint dans l’âme est celui de l’audace et de la joie à parler de Dieu aux personnes qui nous entourent. Les Apôtres, avant de recevoir l’Esprit Saint, fuyaient, tout peureux, les ennemis du Christ. Cependant, après la Pentecôte, ils se sont laissé emprisonner et ont donné leur vie, pleins de joie, comme témoins de leur foi. Comme saint Josémaria nous l’a dit : nous pouvons être des instruments efficaces au service de Dieu et de l’Église, tout dépourvus que nous sommes de talent, de renommée, de fortune, si nous avons recours au Saint-Esprit pour qu’il nous dispense ses dons .

Le panorama qui nous est offert, n’est-il pas enthousiasmant? La liturgie, dans cette première lecture, reprend des paroles du prophète qui nous parlent du retour du peuple de Dieu après de longues années d’exil à Babylone. « Criez de joie pour Jacob, acclamez la première des nations ! Faites-vous entendre ! Louez ! Proclamez : Yahvé a sauvé mon peuple ! » (Jr 31, 7).

En effet, chers frères et sœurs : le Seigneur nous a tous sauvés et, comme gage de sa bienveillance, il nous communique son Esprit à la Confirmation, et dans la Sainte Eucharistie il se livre Lui-même, avec son Corps, son Sang, son Âme et sa Divinité. L’on comprend l’enthousiasme du psaume responsorial lorsqu’il rapporte le retour des captifs chez eux comme s’il s’agissait d’un rêve. « Quand Yahvé ramena les captifs de Sion, nous étions comme en rêve ; alors notre bouche s’emplit de rire et nos lèvres de chansons. Alors on disait chez les païens : Merveilles que fit pour eux Yahvé ! Nous étions dans la joie ! (Ps 125, 1-3).

Le chrétien, dépositaire de tant de biens du ciel, devrait aussi trouver toujours cette joie dans les difficultés et dans les souffrances de cette vie. Cela ne dépend que de nous puisque la grâce de Dieu ne saurait jamais nous manquer. Une joie communicative qui jaillit du fond du cœur où habite la Très Sainte Trinité et qui devient contagieuse.

Je pense en ce moment à tant de gens, jeunes et adultes, à vos côtés sur les bancs de l’école ou sur votre lieu de travail, vos familles, vos voisins. Certains ne prient plus, ne vont plus à l’église. Ils ont besoin de quelqu’un qui leur donne l’exemple d’une vie chrétienne sans complexes : l’exemple d’autres jeunes qui, comme eux, sont de bons étudiants, des amis loyaux, de bons enfants ; mais capables aussi de ne pas capituler devant le mal, parce qu’ils sont conscients du fait que ce n’est qu’en étant en paix avec Dieu que l’on est vraiment heureux. Le sacrement que vous recevez maintenant vous donne la force d’être, en ce monde, des témoins du Seigneur crucifié et ressuscité.

3. À la fin de notre méditation, prenons l’Évangile de Marc qui nous rapporte l’histoire de Bartimée, un aveugle qui mendiait au bord du chemin que parcourait Jésus. Quand il apprit que c’était Jésus le Nazaréen, il se mit à crier : ‘Fils de David, Jésus, aie pitié de moi !’. Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : ‘Fils de David, aie pitié de moi !’. Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le » (Mc 10, 46-48).

Mes chers confirmands, chers tous : aujourd’hui, comme tous les jours, Jésus passe près de vous. Appelez-le à grands cris, du fond de vos cœurs ! Efforcez-vous d’aller à sa rencontre. Arrêtez-le ! Il n’attend que ça : il est toujours prêt à nous guérir, à panser nos blessures, à effacer nos péchés : c’est justement dans ce but qu’il nous a laissé le sacrement de Pénitence.

Nos passions se dresseront, sans aucun doute, voulant nous en dissuader, comme le firent ceux qui voulaient que Bartimée se taise. N’en faites aucun cas. Saint Josémaria dit, en commentant ce passage, que cela peut nous arriver, à chacun de nous, lorsque nous nous doutons bien que Jésus passe près de nous. « Toi aussi, quand tu as senti que Jésus passait près de toi, ton cœur a battu plus fort et tu t’es mis à crier, en proie à une agitation profonde. Alors tes amis, tes habitudes, ton confort, ton milieu t’ont conseillé de te taire, de ne pas crier. « Pourquoi appeler Jésus ? Ne l’importune pas ! »

Le malheureux Bartimée, lui, ne les écoutait pas. Il criait au contraire encore plus fort : Fils de David, aie pitié de moi. Le Seigneur, qui l’avait entendu dès le début, le laissa persévérer dans sa prière. Il en va de même pour toi. Jésus perçoit instantanément l’appel de notre âme, mais il attend. Il veut que nous soyons bien convaincus que nous avons besoin de lui. Il veut que nous le suppliions, avec obstination, comme cet aveugle au bord du chemin à la sortie de Jéricho. » L’Esprit Saint, esprit de force et d’amour, sera alors notre plus ferme rempart, si nous avons recours à lui, en toute confiance.

Nous avons encore fraîchement en tête la célébration du vingt-cinquième anniversaire de l’élection de Jean-Paul II comme successeur de Saint Pierre. Nous avons tous remercié le Seigneur pour les fruits de ce pontificat et nous nous sommes engagés à prier encore davantage pour le saint-père et pour ses intentions. Il est pour nous un exemple vivant de la façon dont il faut suivre le Christ lorsqu’il passe près de nous : un dévouement total, sans excuses, sans se retrancher derrière l’âge, la maladie, les nombreux soucis… Jésus se laisse trouver, à tout moment, dans notre vie pour nous demander ce que nous pouvons lui donner en chaque circonstance et, pour ce faire, il nous accorde la grâce de l’Esprit Saint. Soyons donc généreux dans notre réponse !

Tout cela deviendra une réalité si, Dieu aidant, présent dans votre âme, vous tâchez d’avoir un comportement chrétien cohérent au travail, à l’étude, dans votre famille, parmi vos amis… Il faut lutter contre nos défauts personnels. Ainsi, le Saint-Esprit imprimera chez vous les vertus qui entraîneront les fruits de la conversion de tant d’amis et camarades.

Invoquons la Sainte Vierge : aucun être humain n’a été aussi rempli qu’Elle de l’Esprit Saint. Demandons à Marie, Mère du Christ et notre Mère, d’appuyer toujours notre désir de ressembler vraiment à son Fils, de l’accueillir dans notre vie personnelle, de porter la paix de Jésus à tant de personnes que nous pouvons aider à s’approcher des saints sacrements.

Ainsi soit-il.



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