Opus Dei. Bulletin RomanaBulletin de la Prelature de la Sainte Croix et Opus Dei

english
| español | français | italiano    
Pour lire la version intégrale de Romana,    
vous pouvez vous abonner à l'édition papier    
EditorialDu Saint-SiegeDu PrelatSur le Fondateur de l'Opus DeiNouvellesInitiativesIn PaceEtude
Accueil - Plan du site | Abonnements - Recherche Lettre d'information par courrier électronique


36 • Janvier - Juin 2003 • Page 8
 
 
 
 •  Éditorial
 

Une pédagogie de la sainteté

À la clôture du Grand Jubilé, Jean Paul II a voulu tracer les principales lignes du programme qui devra orienter la mission de l’Église au troisième millénaire. La spiritualité est le but visé par cette orientation pastorale : afin de donner un nouvel élan au futur de l’Église, il faut surtout mettre en œuvre une vraie pédagogie de la sainteté pour les fidèles, avec le point de référence que le pape suggère lorsqu’il parle de « la contemplation du visage du Christ ». Ces mots évoquent des réalités nullement abstraites pour tous ceux qui sont familiers de la vie de prière.

Depuis lors, le Saint Père a publié deux documents importants qui sont comme des gestes du Pasteur Suprême qui avance devant son troupeau, guidant ses pas vers le but à atteindre. Avec sa Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariæ, il invite tout d’abord l’Église à se mettre à l’école de Marie pour apprendre « à contempler la beauté du Christ et éprouver la profondeur de son amour » (n° l). Cette lettre apostolique est suivie de l’encyclique Ecclesia de Eucharistia, datée du jeudi saint (17 avril 2003). Nous y lisons : « Si en proclamant l’Année du Rosaire, j’ai voulu placer cette vingt-cinquième année sous le signe de la contemplation du Christ à l’école de Marie, je ne puis laisser passer ce Jeudi saint 2003 sans m’arrêter devant le « visage eucharistique » du Christ, montrant plus fortement encore à l’Église la place centrale de l’Eucharistie. C’est de ce «pain vivant » qu’elle se nourrit. Comment ne pas ressentir le besoin d’exhorter tout le monde à en faire constamment une expérience renouvelée ? n° 7 »

Dans ce document, le pape rappelle explicitement les principaux fondements dogmatiques de la doctrine théologique sur l’Eucharistie : de la valeur sacrificielle de la messe (n° 11 à 13) à la présence réelle du Christ dans le Saint-Sacrement de l’autel (n° 14-16), de « l’efficacité unificatrice » de la communion (n° 21-25) au rôle irremplaçable du sacerdoce ministériel (n° 26-33). Le rappel à l’ordre concernant les dispositions nécessaires pour s’approcher avec fruit du banquet eucharistique (n° 36-39) est d’une actualité pastorale toute particulière, tout comme les réflexions du saint-père sur la nécessité d’assurer la dignité des célébrations liturgiques (n° 47-52). Le chapitre sur Marie « femme eucharistique » (n° 53-58) est suggestif et nous invite à une méditation profonde.

Ceci dit, l’élément autour duquel semble tourner toute l’encyclique est bien son point de départ : l’Eucharistie comme « source et sommet de toute la vie chrétienne » (n° l), point culminant de toute l’économie sacramentelle, réalité qui « est au centre de la vie ecclésiale » (n°3). Plus loin, le pape cite le n° 14 du décret Presbyterorum ordinis, où il est dit que le sacrifice eucharistique est « le centre et la racine de toute la vie du prêtre » (n° 31). Comment ne pas penser à l’enseignement de saint Josémaria qui, avec termes-là a devancé le langage du Concile lui-même ? Nous citons ses propos : « Un objectif pour ta lutte: que le saint Sacrifice de l'Autel devienne le centre et la racine de ta vie intérieure; et toute ta journée rendra un culte à Dieu (prolongation de la Messe que tu as entendue, préparation de la suivante); et un culte qui se manifestera par des oraisons jaculatoires, par des visites au Saint-Sacrement, par l'offrande de ton travail professionnel et de ta vie de famille. »

Dieu veut que l’Eucharistie soit pour nous l’aliment essentiel de notre lutte pour la sainteté, de notre recherche de l’union au Christ, du don total de nous mêmes à la volonté du Père : de fait, dans l’Église, chacun de nous est appelé à s’offrir lui-même avec le sacrifice du Christ (cf. n° 13). Et le pape d’écrire : « Il est bon de s’entretenir avec Lui et, penchés sur sa poitrine comme le disciple bien-aimé, d’être touchés par l’amour infini de son cœur. Si, à notre époque, le christianisme doit se distinguer surtout par « l’art de la prière », comment ne pas ressentir le besoin renouvelé de demeurer longuement, en conversation spirituelle, en adoration silencieuse, en attitude d’amour, devant le Christ présent dans le Saint-Sacrement ? » (n° 25). Ce n’est qu’en Lui et avec Lui que nous apprendrons à faire de notre vie un sacrifice spirituel agréable à Dieu (cf. Rm 12, 1)

On pense ici à un passage de saint Josémaria, souvent cité, sur le sacerdoce commun des fidèles : « Le chrétien est tenu d’être alter Christus, un autre Christ, le Christ Lui-même. Par le baptême, nous avons tous été institués prêtres de notre propre existence pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus-Christ, et pour réaliser chacune de nos actions dans un esprit d’obéissance à la volonté de Dieu. »

Sous cet éclairage, la communion eucharistique devient la force la plus efficace pour étayer notre participation à la mission rédemptrice de l’Église, notre collaboration à la sanctification du monde. Nous aimerions inviter nos lecteurs à se pencher attentivement sur le passage de l’encyclique où le pape illustre ce qu’il définit comme caractère cosmique de l’Eucharistie : « Oui, cosmique ! Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde. Elle est un lien entre le ciel et la terre. Elle englobe et elle imprègne toute la création. Le Fils de Dieu s’est fait homme pour restituer toute la création, dans un acte suprême de louange, à Celui qui l’a tirée du néant. C’est ainsi que lui, le prêtre souverain et éternel, entrant grâce au sang de sa Croix dans le sanctuaire éternel, restitue toute la création rachetée au Créateur et Père. (n° 8) » On comprend que Jean Paul II n’hésite pas à fonder sur ce caractère l’affirmation de sa fonction d’aide irremplaçable pour l’accomplissement de la mission des chrétiens dans le monde : l’Eucharistie « donne un élan à notre marche dans l’histoire, faisant naître un germe de vive espérance dans le dévouement quotidien de chacun à ses propres tâches» (n° 20) de sorte que les fidèles se sentent « plus que jamais engagés à ne pas faillir aux devoirs de leur citoyenneté terrestre […] à transformer le monde selon l’Évangile» (ibid).

Nous tenons à rappeler ici un événement mystique de la vie de saint Josémaria, survenu le 23 octobre 1966. Ce fut comme la récompense accordée par le Seigneur après beaucoup d’années d’exercice exemplaire du ministère sacerdotal, des années d’effort lors de la célébration de la sainte messe pour se plonger avec toutes les facultés de son âme dans le mystère du sacrifice du Christ, pleinement identifié à la mission reçue : faire que tant de chrétiens courants soient conscients de l’appel à se sanctifier dans le monde et à sanctifier le monde avec leur travail personnel. Cette expérience de saint Josémaria peut être maintenant pour nous un nouvel élan pour une réponse plus généreuse au don que le Seigneur fait de lui-même à la sainte messe. Le lendemain de cet événement, il en parlait lui-même ainsi : « Du haut de mes soixante cinq ans, j’ai fait une merveilleuse découverte. J’aime toujours m’appliquer lorsque je dis la sainte messe; cependant, hier, j’ai eu beaucoup de mal à le faire. Quel effort ! J’ai vu que la messe est vraiment Opus Dei, un travail, comme le fut la première messe pour Jésus-Christ : la Croix. J’ai vu que le ministère du prêtre, la célébration de la sainte messe, est un travail pour confectionner l’Eucharistie, que l’on éprouve souffrance, joie et fatigue. J’ai senti dans ma chair l’épuisement d’un travail divin. »

Nous avons choisi ce souvenir pour y avoir décelé une invitation à l’espérance : la sainte messe, comme le dit le saint-père est « le sacrifice de la Croix qui se perpétue au long des siècles » (n° 11) ; chaque fois qu’elle est célébrée, où que ce soit sur terre, « s’opère l’œuvre de notre rédemption » (ibid). Il n’est même pas imaginable qu’elle ne puisse pas être féconde. L’amour tout-puissant de Dieu agit à chaque messe. Si nous demandons humblement au Seigneur de nous aider à remuer les obstacles de notre misère, la messe donnera son fruit : en notre âme et dans le monde.


Outils
 Archives
Imprimer 
Télécharger pour PDA 
Envoyer cette page à un ami 
Liens utiles
Saint-Siège
Opus Dei
Site des écrits du fondateur de l'Opus Dei
Josémaria Escriva. Fondateur de l'Opus Dei
 
 
 
Romana - Bulletin de la Prélature de la Sainte Croix et Opus Dei
Rédaction : Viale Bruno Buozzi, 73 - 00197 Roma | redazione@romana.org
Administration: fr@romana.org