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Une vie au service de Dieu |
Le 6 octobre restera comme une date gravée à tout jamais dans l’histoire de l’Opus Dei : ce jour, le dernier d’une cause qui aura duré vingt et un ans, le Fondateur a été canonisé. Maintenant saint Josémaria appartient au trésor de l’Église. En le regardant, nous pouvons lire les traces de Dieu imprimées dans la vie de l’un d’entre nous, nous pouvons comprendre comment le Seigneur désire agir dans notre âme. Et son message peut illuminer toute personne qui souhaite parcourir les chemins du monde tout en cherchant Dieu.
La canonisation du fondateur de l’Opus Dei a été perçue comme un véritable évènement ecclésial. Elle a surtout été caractérisée par son universalité. Si l’on observait l’immense foule présente place Saint Pierre (dans laquelle on trouvait un certain nombre de non catholiques), les pays d’origine (plus de 90), les centaines d’évêques qui, à la droite de l’autel, ont voulu donner par leur présence un cordial assentiment à la décision du Saint-Père ; si l’on observait également la participations de représentants des institutions ecclésiastiques les plus diverses, cette universalité était vraiment perceptible.
L’unité de l’Église est harmonie dans la variété, communion dans la multiplicité. Tout cela brille avec une évidence toute particulière chez les saints, si différents entre eux et en même temps si unis dans l’Esprit Saint. Le style, l’histoire personnelle change avec chacun ; mais c’est toujours la même passion pour Dieu, la même prière qui enflamme, la même soif de partager la souffrance salvifique du Christ.
Cet esprit de communion est une partie essentielle de l’héritage que les fidèles de la Prélature ont reçu du fondateur, et il constitue de ce fait un aspect spécifique de la résolution que chacun a prise, en action de grâce pour le don de la canonisation, d’un engagement spirituel renouvelé. Comme l’a rappelé le Saint-Père le 7 octobre au cours de l’audience avec les participants de la cérémonie d’action de grâce : « Saint Josémaria Escriva a dépensé sa vie pour le service de l’Église. Dans ses écrits, les prêtres, les laïcs qui suivent les voies les plus diverses, les religieux et les religieuses trouvent une source stimulante d’inspiration. (…) En l’imitant avec une ouverture d’esprit et de cœur, dans la disponibilité à servir les Églises locales, vous contribuez à donner de la force à la « spiritualité de communion » que la Lettre apostolique Novo millennio ineunte indique comme l’un des buts les plus importants pour notre temps.
Dans l’homélie du 6 octobre et dans son discours le jour suivant, le Saint-Père a souligné les traits marquants de la figure et du message de saint Josémaria, en reconnaissant l’actualité et l’urgence de ses enseignements. Nous nous limiterons à quelques aspects : « Saint Josémaria fut choisi par le Seigneur pour annoncer l’appel universel à la sainteté et pour indiquer que la vie de tous les jours, les activités ordinaires, sont un chemin de sanctification. Il serait possible de dire qu’il fut le saint de l’ordinaire. Il était en fait convaincu que, pour celui qui vit dans une optique de foi, tout offre une occasion de rencontre avec Dieu, tout devient un encouragement à la prière. Vue ainsi, la vie quotidienne révèle une grandeur insoupçonnée. La sainteté se retrouve vraiment à la portée de tous. »
Jean Paul II a voulu préciser qu’une telle insistance sur la nécessité pour chaque chrétien de se diriger vers la plénitude de la contemplation ne peut pas se comprendre dans un sens de simple enrichissement personnel, mais bien avec toute sa charge d’engagement pour le salut du monde. « Cette vision surnaturelle de l'existence ouvre un horizon extraordinaire de perspectives salvifiques, parce que, même dans le contexte, monotone en apparence, des événements terrestres ordinaires, Dieu se rend proche de nous et nous pouvons coopérer à son dessein de salut. » Et plus loin : « Elever le monde vers Dieu et le transformer de l'intérieur : voici l'idéal que le saint fondateur vous indique ».
La conséquence immédiate de ces points est très claire : l’effort sincère de chacun d’entre nous dans la recherche de l’union avec le Christ et la réponse généreuse à l’appel du Pape pour la nouvelle évangélisation. Le langage utilisé par Jean Pau II est sans équivoque : « diffusez dans la société, sans distinction de race, de classe, de culture ou d'âge, la conscience que nous sommes tous appelés à la sainteté. Efforcez-vous d'être saints vous-mêmes en premier lieu, en cultivant un style évangélique d'humilité et de service, d'abandon à la Providence et d'écoute constante de la voix de l'Esprit. Ainsi, vous serez « sel de la terre » (cf. Mt 5, 13) » Sainteté personnelle, donc, comme prémisse indispensable pour la fécondité du témoignage chrétien de chacun. « Saint Josémaria était profondément convaincu que la vie chrétienne entraîne une mission et un apostolat : nous sommes dans le monde pour le sauver avec le Christ. (…) Précisément pour cela, ses enseignements ont aidé tellement de fidèles ordinaires à découvrir le pouvoir rédempteur de la foi, sa capacité à transformer la terre. C’est un message qui possède d’abondantes et fructueuses implications pour la mission d’évangélisation de l’Église.
Ce sont des appels dans lesquels on lit, clairement, les attentes du Saint-Père pour les fidèles de la Prélature : « Josémaria Escriva comprit plus clairement que la mission des baptisés consiste à élever la Croix du Christ au-dessus de toute réalité humaine, et il sentit naître en lui l'appel passionnant à évangéliser tous les milieux. Il accueillit alors sans hésiter l'invitation faite par Jésus à l'Apôtre Pierre et qui a résonné il y a peu sur cette place : « Duc in altum ! ». Il l'a transmise à toute sa famille spirituelle, pour qu'elle offre à l'Eglise une contribution vigoureuse de communion et de service apostolique. Cette invitation s'étend aujourd'hui à nous tous. »
Qui a découvert, à travers l’exemple et les enseignements de saint Josémaria, le visage aimable du Christ, peut trouver dans ces quelques mots le chemin vers cette réponse de générosité qu’il doit au Seigneur. Peut-être pourrions nous conclure en reprenant une citation du Pape qui nous invite à l’espérance : « Escriva fut un saint d’une grande humanité. Tous ceux qui le fréquentèrent, de n’importe quelle culture ou condition sociale, le considérèrent comme un père, totalement donné au service des autres, parce qu’il était convaincu que chaque âme est un trésor merveilleux ; en effet, chaque homme a la valeur du sang du Christ ». De ce fait, son intercession, sa sollicitude paternelle, sa diligence pour présenter nos prières au Seigneur, nous aideront à parvenir à la sainteté, même si nous faisons encore l’expérience que nous en sommes loin.
Tous ceux qui se sont approchés de la figure d’un saint comprennent que son « secret » se trouve dans la profonde perception du mystère de la sainteté de Dieu. Le saint plonge en Dieu et il est élevé à des hauteurs inimaginables. L’une des vérités que l’on peut comprendre avec le plus de clarté dans les écrits de saint Josémaria Escriva est que Dieu est un Père, comme le Pape l’a fait remarquer : « Le Seigneur lui fit comprendre avec profondeur le don de notre filiation divine. Il enseigna à contempler le tendre visage d’un Père dans le Dieu qui nous parle à travers les plus diverses vicissitudes de la vie. Un Père qui nous aime, qui nous suit pas à pas et nous protège, nous comprend et attend de chacun de nous la réponse de l’amour. La considération de cette présence paternelle, qui l’accompagne de tous côtés, donne au chrétien une confiance inébranlable ; à tout moment il doit faire confiance au Père du ciel. Il ne se sent jamais seul ni n’a peur. (…) Le chrétien est nécessairement optimiste, parce qu’il se sait fils de Dieu dans le Christ. » Les saints nous aident à toujours compter sur l’assistance du Père céleste.
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