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Congrès à l’Université pontificale de la sainte Croix, Rome |
Le congrès international « La grandeur de la vie quotidienne », organisé par l’Université pontificale de la sainte Croix dans le cadre du centenaire de la naissance du bienheureux Josémaria, s’est tenu du 8 au 12 janvier [2002]. Les interventions et les discussions du congrès ont touché quelques thèmes centraux des enseignements du fondateur de l’Opus Dei et leur projection sur différents aspects du travail des hommes.
Séances ordinaires
Les séances académiques ont eu lieu dans deux établissements au centre de Rome : le Complesso Monumentale di Santo Spirito in Sassia et le Palazzo dell’Apollinare, siège de l’Université pontificale de la sainte Croix.
Les caractéristiques de ces journées avaient déjà été tracées lors des premières réunions du comité organisateur au cours de l’année universaitaire 1999-2000 : approfondir les enseignements et l’exemple du bienheureux Josémaria, montrer l’incidence de son message dans l’existence personnelle et dans la vie de la société où il est enraciné.
La séance plénière du matin, dans le complesso di Santo Spirito, prévoyait trois
Conférences. Le mardi 8 janvier, le prélat de l’Opus Dei a prononcé la leçon inaugurale, Profil humain et intellectuel du bienheureux Josémaria Escriva de Balaguer. Parmi le public, il y avait de nombreuses personnalités de la vie civile et ecclésiastique. Ce matin-là, le professeur Giorgio Rumi, de l’université de Milan, fit un exposé sur le contexte historique de la vie du bienheureux Josémaria et Maria José Cantista, professeur de philosophie à l’université d’Oporto, développa certains traits de la personnalité du fondateur de l’Opus Dei.
Le mercredi 9, il n’y a pas eu d’actes universitaires : la journée a été réservée à la célébration de la fête du centenaire du bienheureux Josémaria. C’est le cardinal Camillo Ruini qui a présidé la concélébration de la messe en l’honneur du bienheureux à laquelle les congressistes ont pu assister, dans la basilique saint Eugène.
Le cardinal Runi présida également, le jeudi 10, la séance plénière du matin, au cours de laquelle Mgr Fernado Ocáriz, vicaire général de la prélature de l’Opus Dei, a fait une conférence sur L’universalité de l’Église . Après lui, l’archevêque de Sydney, mgr George Pell, a parlé sur le thême Le chrétien, fils de Dieu, et Janne Haaland Matlary, professeur de politique internationale à l’université d’Oslo, sur Le travail, chemin de sainteté.
Le patriarche de Jérusalem, mgr Michaël Sabbah, a assisté à cette deuxième séance de réflexion et est intervenu lui-même l’après-midi. Le recteur de l’université, mgr Luis Clavell l’a cordialement accueilli et l’a assuré des prières de tous les présents pour la paix en Terre Sainte.
Le vendredi 11, dernière journée de conférences, le professeur Antonio Aranda, de l’Université pontificale de la sainte Croix, le professeur Mireille Heers, de l’institut d’études politiques de Strasbourg, et Pierpaolo Donati, professeur ordinaire de sociologie à l’université de Bologne sont intervenus . Ils ont respectivement parlé d’Identité chrétienne et configuration du monde, de La liberté des enfants de Dieu, et du Sens et valeur de la vie quotidienne.
Les après-midi étaient réservés aux communications et aux tables rondes, qui avaient lieu pour la plupart au palazzo dell’Apollinare. Il y eut trois ou quatre interventions par salle, par thèmes homogènes en rapport avec les conférences de la matinée. Les sujets traités étaient très divers : de l’incidence de la pensée de Josémaria Escriva dans l’inculturation de la foi en Afrique (thème développé par Charles Nyamiti, prêtre et théologien kényan) au sens du travail (thème abordé par le grand rabbin Angel Kreiman, président de la confraternité judéo-chrétienne du Chili).
Les tables rondes avaient lieu en parallèle, pendant environ trois heures. Deux d’entre elles se sont tenues au complesso di Santo Spirito in Sassia et les autres dans la salle de lecture du palazzo dell’Apollinare ou dans l’un de ses amphithéâtres. Les travaux ont tourné autour de ces trois aspects : « Éducation et recherche » ; « Famille, jeunesse, solidarité, sacerdoce, culture » et « Communication, société ». Il y avait une dizaine d’experts par table ronde ouverte à un public qui se prêtait à des échanges très animés.
Près de 1.200 personnes, de 57 nationalités, ont participé à ce congrès.
Activités extra- universitaires
Au premier étage du palazzo dell’Apollinare on avait installé des panneaux avec des photos et des textes permettant de suivre les étapes de la vie du bienheureux Josémaria. Il y avait aussi plusieurs stands de livres récents, de publications et de matériel audio-visuel. La Atheleia foundation, des Philippines a présenté un CD interactif avec beaucoup de matériel écrit, graphique et sonore : une biographie succincte, des photos, les textes anglais complets des ouvrages publiés du bienheureux Josémaria, des déclarations de différentes personnalités à propos de l’influence de ses enseignements… À l’IESE (Institut d’Etudes Supérieures de l’Entreprise de Barcelone), on avait réalisé deux CD de ce genre : Famille et profession, et Entreprise et bien commun.
À l’Apollinare il y avait aussi un amphithéatre prévu pour la projection de documentaires et au Santo Spirito in Sassia, une exposition d’œuvres d’art sur le thème du congrès.
Le lundi 7 après-midi, veille de l’inauguration, fut présenté au palazzo dell’Apollinare, le documentaire La grandeur de la vie quotidienne, réalisé par Alberto Michelini. Ce film reflète l’influence du message du bienheureux Josémaria chez des gens d’origines diverses, de milieux culturels différents. Il était en version italienne, espagnole et anglaise.
L’après-midi du mardi 8, le ministre italien des communications, Maurizio Gaspari, a présenté au siège de l’Université de la sainte Croix, le timbre commémoratif du centenaire de la naissance du fondateur de l’Opus Dei qui allait être émis le lendemain.
Le soir, en attendant le début des séances, la chapelle du Saint Sacrement de la basilique saint Apollinaire se remplissait de gens venant prier. L’organisation avait inclus, dans le matériel distribué à tous les congressistes, l’ouvrage du bienheureux Josémaria La grandeur de la vie ordinaire, édité en quatre langues. À la fin du congrès, tout le monde a reçu un exemplaire de l’édition spéciale du Chemin de Croix du bienheureux Josémaria en italien, illustré par le peintre Paola Grossi Gondi.
Le programme du jeudi comprenait un concert symphonique dans l’auditorium della Accademia Nazionale di Santa Cecilia, donné par la chorale de l’Academia Filarmonica Romana, accompagné par l’orchestre Amici dell’Armonia, sous la direction du maître mgr Pablo Colino. Avant de commencer, Léon Tshilolo, directeur du Centre médical Monkole, de Kinshasa, a remercié les assistants pour leur générosité : la vente des billets se faisait au profit de ce complexe médico-social du Congo, promu par des fidèles de l’Opus Dei, des coopérateurs et des amis. Monkole comprend une clinique, une école d’infirmières, ainsi que plusieurs dispensaires dans différentes zones de la capitale du Congo : ses services médicaux et sociaux couvrent des projets d’hygiène, de nutrition, de salubrité domestique, de puériculture, d’alphabétisation, d’économie… et touchent presque trente mille personnes.
Dans cet auditorium, l’après-midi du 12 janvier, les congressistes ont eu une réunion avec le prélat de l’Opus Dei, au cours de laquelle les uns et les autres ont raconté leur expérience ou ont posé des questions sur la sanctification de la vie ordinaire.
Audience avec le saint-père
Le samedi l2, dernier matin du congrès, une audience avec le pape a eut lieu salle Paul VI. Les congressistes eurent alors l’occasion de montrer leur affectoin envers le successeur de Pierre.
Au début de l’audience, lorsqu’il parcourait le couloir central de la salle, dans une vague d’applaudissements, le pape embrassait et bénissait de très nombreux jeunes enfants que les mamans lui tendaient.
Lorsque le saint-père arriva sur le podium, le prélat de l’Opus Dei, mgr Xavier Echevarria, lui adressa les paroles suivantes :
Très saint-père :
Le cœur débordant de reconnaissance et de joie, je présente à votre sainteté l’hommage du congrès organisé à l’occasion du centenaire de la naissance du bienheureux Josémaria Escriva. Tout au long des trois intenses journées de travail, les congressistes ont pu réfléchir, à partir de différentes perspectives, sur l’un des points phares du message du fondateur de l’Opus Dei : la valeur humaine et chrétienne de la vie ordinaire lorsqu’elle est vécue comme le milieu propice à la sanctification et comme le lieu de notre rencontre avec le Christ.
Dès le début, les autorités de l’Université pontificale de la sainte Croix et les membres du comité scientifique qui a coordonné l’organisation ont tenu compte d’un critère essentiel : le congrès ne devait pas être seulement un événement commémoratif, mais également apostolique et plein d’élan vers le futur. Il ne s’agissait pas d’exalter le souvenir du bienheureux Josémaria Escriva, tout en reconnaissant que nous sommes devant une figure de taille pour l’histoire de l’Église de nos jours, mais surtout d’approfondir son message, convaincus que — comme le dit le décret pontifical sur ses vertus héroïques —, il est « une source de lumière inextinguible » dans une société qui ne pourra saisir pleinement son sens humain qu’en redécouvrant la présence de Dieu en tout ce qui se passe.
Les interventions des différents orateurs ont développé des facettes multiples de ce message et la trace qu’il a laissée dans la vie de milliers d’hommes et de femmes de différentes nations et cultures. Ce fut un témoignage éloquent de la richesse et de l’efficacité universelle de l’Évangile lorsqu’on accepte l’enseignement vivant qui se dégage de toutes ses pages : l’Incarnation du Christ montre que toutes les réalités humaines nobles recèlent une dimension divine.
Le congrès n’a pas seulement été l’occasion d’un enrichissement intellectuel, mais surtout un moment de réflexion personnelle pour un engagement spirituel plus profond.
La biographie du bienheureux Josémaria traverse le 20ème siècle presque d’un bout à l’autre : il a été le témoin de ses mutations sociales et culturelles, de ses crises et des conflits qui ont fait de cette période l’un des siècles les plus traumatisants de l’histoire. Et il a toujours rappelé que ce n’est que dans le Christ que l’homme peut trouver la lumière et la force pour faire face aux problèmes individuels et collectifs sous le signe de l’espérance.
Le centenaire de sa naissance nous place à l’aube de ce troisième millénaire. Comme votre sainteté l’a rappelé lors de la Journée mondiale de la paix, les grandes ombres qui planent sur nous récemment ne peuvent pas étouffer, dans le cœur des croyants, la splendeur de l’espérance. Iesus Christus heri et hodie, ipse et in sæcula ! (Hb 13, 8), Jésus-Christ est le même aujourd’hui qu’hier, et pour les siècles des siècles !
Pendant les travaux du congrès, le profond sens ecclésial qui a pétri la personne et les enseignements du bienheureux Josémaria a été souligné. Il fut, à tout moment, un prêtre épris de Jésus-Christ et un fils exemplaire de l’Église : Omnes cum Petro ad Iesum per Mariam ! était l’une de ses oraisons jaculatoires préférées. C’est avec ces mêmes mots que je tiens maintenant, au nom de tous les participants au congrès, à manifester notre adhésion filiale au pape et à lui demander sa bénédiction apostolique. »
Le pape fit ensuite son discours. Ses paroles touchèrent le noyau des réflexions du congrès. Avant de partir, il a imparti à tous sa bénédiction apostolique : un véritable élan donné aux congressistes, afin que, rentrés chez eux, dans leurs pays d’origine, ils entreprennent avec allant le travail de faire découvrir à ceux qui les entourent la grandeur de la vie ordinaire.
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