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33 • Juillet - Décembre 2001 • Page 133
 
 
 
 •  Sur le Fondateur de l'Opus Dei
 

Chemin : quatre millions d’exemplaires

Une dame a écrit de Cuba : “ Parmi les cadeaux que j’ai reçus, celui qui a le plus touché mon cœur est Chemin ; tu ne sais pas avec quelle foi je le lis jour après jour et comment il m’a servi dans ces moments que nous sommes en train de vivre. ” Et un jeune, qui vit dans la périphérie industrielle d’une grande ville : “ À propos de Chemin, je te dirai que je l’ai lu deux fois ; maintenant, c’est mon père qui le lit. Je te dis que le monde serait merveilleux si chacun de nous suivait ces conseils et si nous arrivions à cette paix intérieure. ” Et un prisonnier, depuis sa cellule : “ Quand je suis arrivé dans la prison, Mgr Escriva était déjà là. Je l’ai connu sous la forme d’un petit cahier noirci qui passait de main en main. On me l’offrit comme un énorme trésor de force depuis le premier moment de ma captivité. ”

Il existe actuellement plus de quatre millions d’exemplaires de Chemin. Quand le bienheureux Josémaria en a fait imprimer la première version, en 1934, sa seule prétention était de permettre aux personnes qu’il conseillait sur le plan spirituel, de lire quelques Considérations spirituelles (tel était le premier titre du livre). Il les avait mises par écrit dans des cahiers, des lettres et sur des bouts de papier. En le publiant à nouveau en 1939, sensiblement augmenté et avec son titre définitif, il en fit faire un tirage de deux mille exemplaires. Cinq ans plus tard, on en fit une seconde édition, cette fois de cinq mille exemplaires. “ Je n’aurais pas cru ”, déclara le bienheureux Josémaria à un journaliste du Figaro en 1966, en se souvenant des premiers pas du livre, “ que trente ans après, il obtiendrait une diffusion si large — des millions d’exemplaires — en tellement de langues ”.

À la fin des années quarante, Chemin est publié en portugais et en italien, et au long de la décennie suivante, il paraît aussi en anglais, catalan, allemand, français et arabe. La première édition française est de 1957 ; le tirage était de cinq mille exemplaires. Entre 1960 et 1970, Chemin commence à parler aux gens en japonais, croate, basque, hongrois, polonais, tagalog, gaélique, galicien, espéranto, maltais, tchèque et roumain ; et de 1970 à 1975 aussi en indonésien, grec, arménien, russe, chinois, hébreu, finnois, slovène, néerlandais, danois, ukrainien, quechua et lituanien.

Quelques‑unes de ces traductions ont été préparées dans des circonstances très précaires, notamment en raison des obstacles que les autorités d’un bon nombre de pays mettaient alors à la littérature religieuse. Après un certain temps, dans des conditions plus normales, elles furent soigneusement révisées et elles ont pu être réimprimées avec une plus grande qualité.

Après le décès du bienheureux Josémaria en 1975, Chemin a continué de franchir les frontières : il est publié en coréen, bulgare, swahili, suédois, bahasa, albanais, amharique, letton, vietnamien, birman et slovaque. Actuellement sont en préparation les traductions en biélorusse, cébuan, estonien, guarani, norvégien, tamil et thai. Au total, Chemin, a été publié en quarante‑deux langues. Il existe des éditions pour aveugles — en braille — en espagnol, anglais, portugais et allemand. Enfin, il existe une version audio (en cassettes) en anglais.

Des notes personnelles, des passages de lettres et des expériences apostoliques vécues mises par écrit de façon schématique constituent la matière première dont, au long des années trente, le fondateur de l’Opus Dei a été tiré Chemin. La majorité des 999 points qui composent le livre a une histoire concrète : elles font partie d’un “ chemin ” que l’auteur a parcouru. Ce n’est pas sans raison que le bienheureux Josémaria changea le titre du livre en 1939, car les points de Chemin sont beaucoup plus que des “ considérations ” : ils sont vie.

Cela explique, en bonne partie, la chaleur humaine et spirituelle particulière qui s’en dégage. “ Lis ces conseils lentement. Médite avec calme ces considérations. Ce sont des choses que je te dis à l’oreille, en confidence d’ami, de frère, de père. Ces confidences, Dieu les écoute ”, écrit l’auteur dans le prologue. Puis, dans le premier point : “ Que ta vie ne soit pas une vie stérile. — Sois utile. — Laisse ton empreinte. — Que rayonne la lumière de ta foi et de ton amour. Efface, par ta vie d’apôtre, la trace visqueuse et sale qu’ont laissée les impurs semeurs de haine. — Et embrase tous les chemins de la terre au feu du Christ que tu portes dans ton cœur. ”

C’est précisément parce que sa substance est quelque chose de vécu, où Dieu a laissé, à travers un homme saint, son empreinte permanente, que Chemin est un livre que l’on peut méditer durant toute une vie.


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