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Pour l’ordination sacerdotale de fidèles de la prélature dans la basilique Saint-Eugène, Rome
Chers frères et sœurs,
Très chers candidats au sacerdoce,
Grande est notre joie pour l'ordination sacerdotale de ce groupe de diacres de la Prélature de l'Opus Dei qui a lieu précisément en ce jour du soixante-quinzième anniversaire de l'ordination sacerdotale du bienheureux Josémaria. Rendons grâce à Dieu et, par l'intercession de ce saint prêtre, supplions la Sainte Trinité d'envoyer de nombreuses et fidèles vocations dans les séminaires et de rendre les prêtres très saints.
Nous tous ici présents, avons sans doute lu comment le Seigneur sema peu à peu dans le cœur du bienheureux Josémaria des inquiétudes divines, appels du Paraclet qui le bouleversaient au plus intime de l'âme, et comment le bienheureux y répondait progressivement, avec une générosité toujours croissante. Arriva ensuite le moment - il avait seize ans - où il décida de communiquer à ses parents ce qu'il éprouvait. Puis, avec leur consentement, il commença les études sacerdotales. Il ignorait ce que Dieu lui demandait mais il comprenait que le sacerdoce était le chemin à suivre pour se rendre complètement disponible à l'accomplissement de ce qui se ferait plus clair un jour. Il le commentait ainsi en toute simplicité en 1973 : « Pourquoi me suis-je fait prêtre ? Parce que je croyais qu'il serait plus facile d'accomplir une volonté de Dieu, que je ne connaissais pas. Depuis près de huit ans déjà, je la pressentais mais je ne savais pas ce que c'était, et je ne le sus pas avant 1928. C'est pour cela que je me fis prêtre. »
Tous les hommes, et les chrétiens de façon spéciale, nous avons devant les yeux un sentier qui conduit au Ciel, un chemin personnel que Dieu a préparé avec amour depuis toute éternité pour chacun de nous. Comme l'affirme Saint Paul, Dieu le Père, en Jésus-Christ, nous a élus dès avant la création du monde, pour être saints et sans tache à ses yeux dans la charité . Cet appel divin à la sainteté, à la fois universel et spécifique, a pour contexte, pour la majorité des hommes et des femmes, les circonstances normales de la vie quotidienne. Sommes-nous conscients de cette certitude ? Sommes-nous ouverts aux inspirations du Saint Esprit qui nous pousse et nous mène à nous identifier à Jésus-Christ ? Nous montrons-nous disposés - par les faits, et non seulement en paroles - à identifier notre volonté et nos aspirations à la Volonté divine et aux projets que notre Père céleste a faits pour nous, pour nous rendre heureux ?
La Très Sainte Trinité, en configurant sacramentellement le bienheureux Josémaria au Christ Prêtre, sema dans son âme une semence féconde qui fructifierait dans le monde peu d'années plus tard, avec la fondation de l'Opus Dei. Ce fut alors, le 2 octobre 1928, qu'il vit clairement sa vocation personnelle et compris que le Seigneur l'avait progressivement préparé jusqu'alors - par la prière et la pénitence - pour le transformer en patriarche de cette portion du Peuple de Dieu qui s'étendrait d'un bout à l'autre du monde, jusqu'à la fin des temps, avec pour mission de rappeler dans l'Église l'appel à la sainteté, adressé à tous les hommes et à toutes les femmes, à travers le travail professionnel et dans l'accomplissement des devoirs ordinaires propres qui nous reviennent en tant que chrétiens, en tant que citoyens.
Comment ne pas élever de ferventes actions de grâces au Ciel pour ce don - le sacerdoce de notre Père - qui a été et continuera d'être aussi fécond ? Unissez-vous à moi dans ce remerciement et implorons tous ensemble le Seigneur afin qu'il ne manque pas à l'Église les prêtres nécessaires et que ceux-ci soient humbles, généreux, saints !
Maintenant, je m'adresse spécialement à vous qui êtes sur le point de recevoir le sacerdoce ministériel, parce que vous êtes aussi les héritiers du trésor de sainteté du bienheureux Josémaria. De même que les autres fidèles de la Prélature, vous êtes les fils du cœur sacerdotal du bienheureux Josémaria. Mais, à partir de ce moment, vous le serez à un nouveau titre. Méditez - méditons tous - ces mots que notre saint Fondateur écrit il y a bien longtemps, en se référant à la première ordination de prêtres de l'Opus Dei : « Je priai avec confiance et espoir durant tant d'années pour vos frères qui se feraient ordonner et pour ceux qui plus tard suivraient ce chemin ; et je priai tant, que je peux affirmer que tous les prêtres de l'Opus Dei sont les fils de ma prière. »
Ne l'oubliez pas : vous êtes spécialement les fils de la prière et du sacrifice de notre Père. Ses leçons sur le sacerdoce sont nombreuses. Je me limiterai ici à commenter brièvement quelques caractéristiques de la vocation sacerdotale, tirées des notes que prenaient notre Père sur des bouts de papier qu'il portait toujours sur lui et qu'il méditait ensuite avec calme dans sa prière.
La première de ces annotations touche directement le centre de ce que je veux vous rappeler : « La vocation sacerdotale - écrit le bienheureux Josémaria - comporte l'exigence de la sainteté. Cette sainteté n'est pas une sainteté quelconque, une sainteté commune, ni même seulement insigne. C'est une sainteté héroïque » . Vous devez vous efforcer d'être vraiment saints. La sainteté est un but que tous les chrétiens doivent poursuivre mais le prêtre a le devoir tout spécial d'être exemplaire. Vous l'atteindrez - je vous le répète en me faisant l'écho du message de notre Père - si vous vous conduisez en tout instant comme des hommes amoureux. Ne permettez jamais que la routine, l'habitude, entrent dans l'horizon de votre vie. Réalisez avec amour tous les devoirs - devoirs si savoureux ! - de votre nouvelle condition : faites-le avec tout l'amour dont votre cœur soit capable. Cela sera facile si vous vous appliquez à vous convertir tous les jours comme doit le faire tout chrétien cohérent avec sa propre foi.
Le prêtre ne peut garder pour lui seul la sainteté qu'on lui demande. Il doit la communiquer aux autres. Jésus-Christ, lors de la Dernière Cène, quand il institua l'Eucharistie et le sacerdoce, dit aux Apôtres : je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'ils soient eux aussi sanctifiés en vérité . Le bienheureux Josémaria recueille ces paroles du Seigneur quand il écrit : « Le prêtre : se sanctifier et sanctifier » . Et également : « Ta tâche, prêtre, n'est pas seulement de sauver les âmes, mais de les sanctifier » .
Vous avez devant vous un panorama immense. Il n'a pas de frontières, ce champ où le divin Semeur vous envoie semer, cultiver et faire la moisson d'âmes que Dieu notre Père attend . En même temps, nous ne devons pas vivre là où un chrétien ne peut se trouver. La grâce de Dieu est spécialement abondante durant l'Année Sainte. Et vous, prêtres de l'an 2000, vous devez collaborer de toutes vos forces - en union avec les fidèles laïcs - à une nouvelle floraison de la vie chrétienne au cours du troisième millénaire. Dans ce contexte, je vous invite à méditer quelques considérations de Jean Paul II dans une de ses Lettres aux prêtres : « Dans notre ministère, spécialement dans le ministère liturgique, nous devons toujours être conscients d'être en chemin vers le Père, guidés par le Fils dans l'Esprit Saint. C'est précisément ce que nous rappellent les mots par lesquels nous achevons chaque prière : « Par Jésus-Christ notre Seigneur, ton Fils, qui vit et règne avec toi dans l'unité du Saint Esprit et qui est Dieu pour les siècles des siècles » .
Autorité pour annoncer la Parole de Dieu ; pouvoir de pardonner les péchés et de communiquer la grâce à travers l'administration des sacrements, spécialement la Pénitence et l'Eucharistie ; tels sont les moyens fondamentaux que l'Église vous confie aujourd'hui pour mener votre mission. Cependant, pour obtenir des fruits durables, il n'existe pas d'autre chemin que celui de s'identifier chaque fois plus à Jésus-Christ. Le sacrement que vous êtes sur le point de recevoir - et qui vous configurera au Christ Tête de l'Église - vous l'exercerez spécialement chaque fois que vous prononcerez les mots de l'absolution sacramentelle dans la Confession, chaque fois que - dans la Sainte Messe - vous renouvellerez le Sacrifice du Calvaire. « Comment ces merveilleuses paroles - s'exclame le Pape - peuvent-elles cesser d'être le cœur qui pousse toute vie sacerdotale ? Répétons-les chaque fois comme si c'était la première fois ! Qu'elles ne soient jamais prononcées par routine. Ces paroles expriment l'actualisation plus pleine de notre sacerdoce ».
Faites chaque jour cet effort personnel, soutenus par la confiance en la grâce de Dieu. De cette façon, cette affirmation du bienheureux Josémaria se réalisera en chacun de vous : « Le prêtre doit être sans cesse un crucifix » . Que tous, hommes et femmes, en considérant votre vie, en observant comment vous vivez le ministère sacré, soient conduits, comme par la main, par la force de votre exemple, au Christ notre Seigneur. Le but est élevé, mais non inaccessible. L'Église toute entière prie pour vous et pour tous les prêtres du monde.
Tous, je vous invite à continuer de prier pour le Pape et pour les fruits apostoliques de son récent pèlerinage en Terre Sainte ; pour tous les évêques de l'Église et de façon spéciale pour le Cardinal Vicaire de Rome ; pour les prêtres du monde entier. Je demande à vos parents, à vos frères et sœurs, en même tant que je les félicite pour ce don que le Ciel concède à vos familles, je demande qu'ils prient pour vous et pour tous les prêtres.
Confions ces intentions - et celles que chacun a au fond du cœur - au bienheureux Josémaria, pour qu'il les présente à la Vierge Marie : Mère de Dieu et Mère des hommes, Mère des chrétiens et spécialement des prêtres. Elle intercédera devant son Fils Jésus, qui possède le sacerdoce qui ne passera pas. C'est pour cela qu'il peut parfaitement sauver ceux qui recourent à lui pour s'approcher de Dieu, puisqu'il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur. Ainsi soit-il.
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