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33 • Juillet - Décembre 2001 • Page 8
 
 
 
 •  Éditorial
 

A propos du 3ème millénaire

L’an 2000, un point de départ

L’humanité a atteint l’an 2000 de l’ère chrétienne. Au cours de l’histoire, peu d’institutions ont perduré vingt siècles, car une telle longévité est davantage l’apanage des vieilles pierres que de réalités vivantes. L’Église catholique, quant à elle, est parvenue à ce stade sans avoir plié sous le poids des années. Qui plus est, elle atteint deux mille ans dans un état de semailles pérennes et de la promesse merveilleuse d’« un ciel nouveau et d’une terre nouvelle » car elle demeure le mystérieux prélude au Royaume où elle trouvera sa forme définitive  « Le Christ est le Seigneur du temps, il est son commencement et son achèvement ; chaque année, chaque jour, chaque moment est inclus dans son Incarnation et dans sa Résurrection pour se retrouver dans la «  plénitude des temps  ».

L’an 2000 est avant tout une année de grâce , une étape importante du temps du salut, par lequel s’écoule la vraie vie. Le mystère du Christ sort à la rencontre de l’humanité avec une force nouvelle, et avec elle une grâce puissante, qui trouve dans le jubilé un moment propice, un kairos de force et d’audace, projeté dans l’avenir immédiat.
Depuis le premier moment de son pontificat, Jean Paul II s’est sans cesse attaché à revendiquer pour le Christ le rôle capital qui lui revient sur la scène de l’an 2000. C’est le Christ qui donne son sens au moment crucial que représente le changement de siècle et de millénaire. C’est lui qui garantit la victoire de son règne , y compris face aux symptômes actuels, bien souvent décadents, d’une crise religieuse et morale. Il y a bientôt dix ans, le pape écrivait : «  Si l’on regarde superficiellement notre monde, on est frappé par bien des faits négatifs qui peuvent porter au pessimisme. Mais c’est là un sentiment injustifié : nous avons foi en Dieu, Père et Seigneur, en sa bonté et en sa miséricorde. Alors que nous sommes proches du troisième millénaire de la Rédemption, Dieu est en train de préparer pour le christianisme un grand printemps que l’on voit déjà poindre » .

L’histoire du salut recommence à chaque instant : il est toujours temps pour les personnes, les peuples et la culture de se laisser vivifier par la grâce du Christ, et l’an 2000 est un moment singulier pour réaliser ce changement. «  La vie chrétienne est un perpétuel commencement et recommencement, un renouvellement de chaque jour.  » C’est pourquoi le deuxième millénaire de la naissance du Christ ne peut pas être une simple date qui laisse un beau souvenir : il est l’occasion de porter les fruits d’un nouvel élan spirituel.

C’est ce à quoi nous nous sommes préparés durant les trois dernières années en suivant la cadence marquée par le pape dans ses enseignements et par son exemple. Ces années constituent un parcours spirituel qui a conduit l’Église et les chrétiens vers ce temps propice qui — en chaque âme — doit coïncider avec une ferme disposition de conversion. «  Le temps du jubilé nous introduit dans le vigoureux langage qu’emploie la pédagogie divine du salut pour inciter l’homme à la conversion et à la pénitence, principe et voie de sa réhabilitation, et condition pour retrouver ce qu’il ne pourrait atteindre par ses seules forces : l’amitié de Dieu, sa grâce, la vie surnaturelle, la seule où puissent être satisfaites les aspirations les plus profondes du cœur humain.  »

Le kairos de l’an 2000 ne s’arrête pas à la célébration du moment. Le Grand Jubilé est un point de départ. L’avenir s’ouvre devant les chrétiens comme un chemin qu’ils devront défricher et sans cesse ouvrir à la grâce, en incorporant davantage la vie du Christ à leur propre vie. L’avenir est toujours un panorama qu’il faut remplir. Pour les chrétiens, c’est en outre une entreprise enthousiasmante, un défi surnaturel : un espace que nous devons remplir du Christ, de la «  plénitude des temps ». Nous les chrétiens, nous nous savons rachetés par la liberté, et notre liberté personnelle trouve son chemin naturel dans l’effort dynamique de tout réunir sous un seul chef, le Christ .»  Nous devons renouveler le monde dans l’esprit de Jésus-Christ, nous devons placer le Seigneur au sommet et au cœur de toutes choses.  »


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